abordages

Réflexions sur le rude 13 novembre 2015

e vendredi 13 novembre 2015, de lâches assassins ont attaqué au fusil d’assaut la ville qui m’a vu naître, dans laquelle j’habite, le comptoir sur lequel je me suis accoudé des dizaines de fois, mes voisins, mon Paris. Attaquer n’est qu’un mot et Paris n’est qu’un nom. La réalité est que des hommes armés ont tiré sur des centaines de personnes désarmées, par surprise, puis se sont fait exploser ; des balles et des boulons brûlants ont déchiré des chairs, brisé des os, arrêté des cœurs et refroidi des cerveaux. Cent trente personnes en sont mortes. J’essaie de garder mon sang-froid, je relègue l’insulte aux notes de bas de page [1]. De l’émotion Les morts sont morts. À leurs proches, à leurs familles, à leurs (...)

 
 

Ce que la vie signifie pour moi

Jack London Les éditions du sonneur 2015 agnifique texte de Jack London, fait de sa verve, de son style direct et coupant comme la réalité. Il y raconte comment, né dans la classe ouvrière de la côte ouest américaine il commence par rêver, puis essaie de rejoindre le haut du panier. Là où les femmes sont richement habillées, où l’on mange à sa faim des choses bonnes et où l’intellect est sensé briller. Après avoir jeté comme on lance un dé quelques éléments de sa biographie - dont sa découverte du socialisme et de la révolution -, il parvient à côtoyer des gens de la haute. Il n’y rencontre que matérialisme, hypocrisie et découvre que, « dès qu’il s’agissait d’affaires leur moralité était nulle ». Il y (...)

 
 

La baleine dans tous ses états

François Garde Gallimard, 2015, 209 p. Ce livre est composé d’une série d’histoires, récits, souvenirs, d’informations très précises, parfois très personnelles, de poèmes (« Harpons », p. 140) et de situations qui tentent de dresser un temple verbal aux baleines, ces géantes qui, comme les montagnes, « ne sont pas à la mesure de l’homme » (p. 147). Imposant défi. Il y a des histoires hilarantes, comme « Échouage » (p. 45), qui commence par un gamin qui interpelle le narrateur : « M’sieur, M’sieur ! Y’a un troupeau de baleines échouées sur la plage ! », mais dont la suite doit se lire et surtout pas se raconter. Emmené par la magie des cartes, de la mer et bien sûr des cétacés, Garde nous arrime aux baleines (...)

 
 

La rose et le laurier

J’ai vu naître l’avenir. Laurier qui portait une rose, Entre ses branches courbes et ses pétales bleues. Les vents doivent souffler, Les guerrières faire face au soleil, Et les roses naître. Je ne dois rien, mais je le fais : je vous aime ! Le laurier sublime la gloire et couronne les caresses. Or les roses sont des roses, C’est une pierre qui le dit. La douleur, telle une serre ahurie, retint la beauté. Longtemps. Si dure naissance ; parfois je pense : nous sommes nés à trois. Elles furent braves, face au soleil, toutes les deux. La rose a fait une mère et moi, l’ami des pierres, Je veille le laurier qui se relève, Je veille la rose qui s’élève, Je suis l’oripeau de leur renommée. (...)

 
 

Arcueil

Les éclairs font le ciel, fracassent les nuages, Rafales de lumière qui tutoient la ville. Nous étions deux amis. L’orage inventait la pluie, claquait en terre, Sur nos visages nous pouvions toucher le temps. Deux partisans sans mort, Que l’ombre n’éblouit pas. Nous étions deux amis, Une nuit de tempête, Entre la foudre et l’union. Nous étions éternels.

 
 

Voyage au pays des Mapuches

Le peuple indomptable Alain Devalpo Éditions Cartouche – 2007 Ce petit livre commence dans une librairie, Crisis, tenue par un Mapuche. Puis viennent des bars : « Va pour la Piedra Feliz, bar porteño à la mode, évocation d’un lieu situé au sud de Valparaiso où, dit-on, les amoureux déçus vont confier leur désarroi aux vagues pour l’éternité ». Ensuite, c’est le « Winnipeg » qui est cité, troquet qui a pris le nom d’un fameux navire chargé de réfugiés espagnols arrivés au Chili en 1939, bien connu de mon grand-père. Bars, librairies, ça commence bien. Le cœur de ce qui ressemble à un guide, ce sont les luttes des Mapuches, grand peuple du Chili et de l’Argentine. Il ne laisse pas de place au folklore, cette (...)

 
 

El Sicario, Room 164

Por recomendación de un amigo mexicano, ayer descubro este documental de Gianfranco Rosi acerca del relato de un ex-sicario de un cartel del narcotráfico en México. Parte de un artículo de investigación acerca del tema, de Charles Bowden ; originalmente, el documental, que optó por un dispositivo minimalista que me parece perfecto, contaba con muchísimo material fílmico en apoyatura del relato del sicario, al final, Rosi decide dejar de lado todo el material recolectado en imágenes, sobre todo filmadas en Ciudad Juarez, y conservar exclusivamente el poder crudo y evocador de la palabra del protagonista. Hay que tomar esa decisión tan dificil, riesgosa, del desnudo de la palabra ! y aquí, (...)

 
 

L’oiseau-hasard

Il est beau, l’aléa, avec son vaste plumage de peut-être dont les reflets nous évitent l’éternelle advenue du prévisible. S’il est agnostique, trimbalant dans sa gibecière à possibles le pire et le meilleur, il est pourtant bien ce qui ouvre. On pourrait tout aussi bien l’appeler : l’éclectique. Sans lui notre avenir serait aussi mort, froid et figé que le passé. Et pourtant, le hasard est pris en grippe par notre ego rationnel. C’est que nous sommes modernes. Voire post. En apprenant à faire science, bucherons que nous sommes, nous avons cru que le hasard n’était que sciure. Un virus qu’il est toujours possible de contenir, à force de prophylaxie positiviste. Mais il est là, néant au cœur de tout, qui (...)

 
 

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