abordages

Tristesse de la terre

Tristesse de la terre - Une histoire de Buffalo Bill Cody Eric Vuillard - Actes Sud - 2014 - 158 p. Au rythme de la vie de Buffalo Bill, une excavation aux sources du spectacle moderne. Buffalo Bill Cody, qui se fit connaître comme tueur d’indiens et de bisons créa ensuite le Wild West Show, spectacle qui fit le tour du monde, "la plus grande mystification de tous les temps". Vuillard, armé de son verbe poétique et spacieux parcourt cet homme avec un respect que ce dernier n’a pas eu pour les plaines d’Amérique. Ni pour les Amérindiens, qui sont devenus, vaincus et humiliés, la clé de voûte du spectacle qui a participé à installer dans l’imaginaire mondial le mythe de l’Ouest sauvage. Mais Buffalo (...)

 
 

Texte pour adulte

J’aime la pluie. J’aime le son des gouttes, leur sensualité lorsqu’elles coulent sur mon front ; j’aime l’idée que je me sécherai peut-être, plus tard. Les odeurs cachées que promet la pluie me font envie, et j’adore la surprise des gouttes plus grosses que les autres qui trouvent le chemin de ma nuque. J’aime les chapeaux bizarres qu’elle met aux femmes, j’aime regarder les maladresses qui tordent les parapluies. Les gens qui râlent dès que vient l’averse m’attendrissent, puis j’aime les abandonner à leur crachin. J’aime l’idée de l’eau qui tombe, sans trébucher. À douce gravité. Et je me demande toujours s’il vaut mieux courir ou marcher pour être plus ou moins mouillé. Existe-t-il un lieu où il pleut par le (...)

 
 

Howard Zinn - Une histoire populaire américaine

« Howard Zinn - Une histoire populaire américaine » un film de Olivier Azam et Daniel Mermet Première partie. Ce film est l’histoire du peuple. Celle des gens qui triment, qui luttent, solidaires, immigrés, travailleurs, qui n’ont que leur boulot pour vivre et leurs combats pour imaginer un autre monde. Une histoire qui n’est presque jamais enseignée à l’école, l’histoire sociale. Elle est racontée aux États-Unis, sur le fil de la vie et des mots d’Howard Zinn, l’auteur d’Une histoire populaire des États-Unis. Non, les États-Unis ne sont pas que le temple du consumérisme. La lutte des classes, les luttes des femmes, le syndicalisme radical y a été bien plus puissant qu’en Europe. Jusqu’à la première guerre (...)

 
 

(sin título)

Barcelona, el teatro de la colina. El aire de verano y los actores recitando fuera, en la lomada. Pido prestado ese techo de hojas y un sicomoro. Aquellos tantos símbolos de nuestra trama. Eramos. Desde donde se mueven la mano y el ojo. La rigidez no nos atrapa. El pasaje en que con gusto nos perdimos y por el que aún transitamos.

 
 

Le temps des confusions

Dans le numéro de février 2015 du magazine Causette il y a un article, « Je te survivrai », qui relate une immersion chez des « survivalistes ». Il se termine par un encart « Pour aller plus loin ». Le premier ouvrage cité est « Survivre à l’effondrement économique », de Piero San Giorgio. Ce type est une crapule d’extrême droite, lié au nauséabond marécage de Soral & Co. Causette déclare dans son édito vouloir lutter « contre les injustices et les extrémismes ». Mais outre le fait que le journaliste ne prend presque pas de recul vis-à-vis de ces délires millénaristes, personne à la rédaction n’a réagi en voyant la photo de deux flingues pour illustrer l’article ? Personne ne connaissait ce taré d’extrême (...)

 
 

Basel

Les tramways roulent sur leurs soupirs, Les roues d’acier filent sur les rails d’acier, Comme s’ils pleuraient leur séparation. Ou riaient de leurs caresses, on ne sait. Sur les fils où boivent les tramways, Des pigeons et des corbeaux. Tout le reste est silencieux. Seuls quelques immeubles sont colorés. Les corbeaux croassent et se chamaillent. Les pigeons, posés sur des centaines de volts, S’aiment et gonflent d’envie. La nuit va prendre Bâle.

 
 

L’élégance et la crasse

Janvier 2015, Europe. L’élégance et la crasse. Le 28 janvier comparaissait au tribunal de Turin l’écrivain Erri De Luca pour avoir déclaré : « Je suis convaincu que la Ligne à Grande Vitesse Lyon-Turin est un projet inutile... Il ne s’agit pas d’une décision politique, mais d’une décision prise par les banques et par ceux qui veulent réaliser des profits aux dépens de la vie et de la santé d’une vallée entière. La politique a simplement et servilement donné son aval... Maintenant toute la vallée est militarisée, l’armée occupe les chantiers et les habitants doivent présenter leurs cartes d’identité s’ils veulent aller travailler dans leurs vignes ». Puis, à la question : « donc sabotage et (...)

 
 

Roses d’hiver

Au jour du soleil bas, Au bref sommet de l’hiver, Des roses blanches ont fleuri. Dans un petit jardin, au solstice, Elles ont décidé de voir le jour et tenter parfum. Sous les petits crocs du froid. Croire qu’elle viennent au monde, Ou croire qu’elles nous accueillent. Désir précoce, né d’une tiédeur imprévue. L’harmonie tranquille suinte le silence et le rien, La quiétude est stérile. Sont-elles une nouvelle forme de B. Traven ? La vie et les désirs sont dans le désordre. Sont-elles fantômes de la Weiße Rose ? Dans les chaotiques possibles. Hiver trop chaud, bizarre, Mais ces roses l’aiment. Mes espoirs blancs, que beaucoup méconnaissent, Beauté qui souffle. C’était quelques jours ago, Heimat et (...)

 
 

0 | ... | 16 | 24 | 32 | 40 | 48 | 56 | 64 | 72 | 80 | ... | 96

Creative Commons - BY - NC - ND

Tous les textes, images et sons de abordages sont publiés selon les termes de la licence Creative Commons - Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification - 3.0 | Initial caps created by briarpress.org, under CC licence.