abordages

Le gouvernement des actionnaires

Dans une interview parue dans le magazine Le Point, publiée en ligne le 28 août 2014, Emmanuel Macron – l’homme sera nommé ministre de l’économie le lendemain – se disait « favorable au fait d’autoriser les entreprises et les branches à déroger aux 35 heures, en cas d’accords avec les organisations syndicales. » Il déclare qu’une telle mesure permettrait de « sortir de ce piège où l’accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas », une idée qu’il juge cependant « difficile à expliquer et à porter, spécialement quand on est de gauche ». « Là où être socialiste consistait à étendre les droits formels des travailleurs, la réalité nous invite à (...)

 
 

Le réverbère


 
 

L’interprète I


 
 

Amigas

Por el camino fresco del juego, de la risa, de la lágrima, del abrazo, del amor sincero, ellas van. Ellas van, entre códigos que se inventaron (exclusivos, secretos), que se tatuaron en los ojos y se pintaron por el pelo, van, ellas van. A veces suben por las escaleras enclenques y desconsideradas de improbables toboganes transparentes, precipitosos Y se tiran de la mano ; llevan mochilas grandes, pesadas, de formas curiosas y colores cambiantes. Raras mochilas que laten. Caen de sopetón sobre la arena, ellas y sus inmensas mochilas que a veces las aplastan. Cuerpos y equipajes se amontonan, se enredan, se enmarañan. Brazos y piernas se entrelazan Todo se hace un bollo. Y así (...)

 
 

Une chance que les taureaux n’aient pas de plumes

Paris, ma si réelle, admirable et détestable capitale regorge de signes. Il suffit d’y laisser traîner son regard, chaque mur, chaque angle, des toits jusqu’aux souterrains, partout des signes nous parlent en silence. Les rues portent des noms, des publicités criardes clament leurs absurdités, les murs sont barrés d’ubuesques « Interdiction d’afficher, loi du 29 juillet 1881 »... Si j’écoute au lieu de regarder, les moteurs, sonneries, klaxons, sirènes et conversations parsèment les ruelles et boulevards, appartements et halls de gare. D’un quartier à l’autre, changeant d’arrondissement, passant du populaire vingtième à l’ouest, septième ou seizième, les immeubles, les rues, les hommes et les femmes, se (...)

 
 

Le chant debout

(version 3 - en devenir depuis le premier mai 2014) Le mouvement sauve, Nous ne sommes pas des pierres. Tant que je bougerai, nous serons vivants. Qu’aurai-je à perdre ? Le maigre espoir de vivre honnêtement, À bout de souffle, À force de travail dont je n’aurais jamais que les pépins amers ? Mais dont les fruits nous seraient toujours volés. Le maigre espoir de finir ma vie sans voir le vaste monde. Je n’étais ni jeune ni vieux. Je devais me sauver, l’aventure ferait le reste, Le monde et ses amers. Je n’avais qu’une poignée de pépins, Et ce que m’avait laissé mon vieux, la confiance. Mon dernier jour de pierre, poussant des choses molles dans mon sac, Ultime révision de ma moto, Ce dernier jour je (...)

 
 

Le coût de l’incommensurable

Je m’appelle Myllias, fils de Léocyde, et je suis mathématicien. Ou plutôt, je l’étais. Je me trouve aujourd’hui vieux et retiré du monde des hommes et de l’étude des lois de la nature, dans les austères monts de Samothrace. J’aurais pu rester muet, et attendre discrètement la mort. J’aurais pu rester fidèle aux vœux que j’avais jadis prononcés, et me taire. Mais ma conscience est comme le meilleur des prés que je possède, encombré en son milieu d’un rocher inamovible. Puissent les mots par lesquels je m’apprête à conter mon histoire, m’aider à dissoudre ce rocher. Puissé-­je me libérer de son poids. J’étais mathématicien, membre de la confrérie pythagoricienne de (...)

 
 

En la planchada de ese barco

Combattant de l’utopie, tu avais le meilleur de la vie, Tu donnais la vie. Il viendra, notre espoir de liberté, justice et fraternité, Sur les mers et dans les villes Ahí estás, papa, entre le temps des cerises et les communards, Au pied d’un grand marronnier d’Inde. J’ai été un fils, fier de t’avoir connu. J’essaie d’être un homme de sang, debout. Tes rires, tes engagements sans merci, ta sagesse, Tout de toi m’accompagne chaque jour, Chaque instant, Dans les villes et sur les mers. Somos eternos, papa, Así es y así será. Les combattants de l’utopie, Les amoureux de la vie ne t’ont pas perdu. Le grand arbre (...)

 
 

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