abordages

Arêtes conjugales

Le dîner tourne au cauchemar C’est rond un dîner, parfois L’air crasseux succède à l’orage pur Et ils tournent Ça avait bien commencé, comme souvent Ça commence souvent bien, les dîners Entre un homme et une femme Et parfois, ça tourne Les poissons laissent des arrêtes qu’ils n’ont plus Les assiettes disparaissent Les gorges serrent Les mots rapetissent Le couple au cauchemar est arrivé Dans le rond Se lever, partir Se taire Sortir du cercle Ça passera Ou pas Question d’arêtes

 
 

Rabat

Terres rouges du Maroc Blanche écume de l’océan Fraises en hiver Fleurs inconnues, grands oiseaux Et à chaque carrefour, des uniformes

 
 

El tanatopractor o el teatro de la vida

Apagados los proyectores Hay un alguien en el sigilo esparce polvos encantadores con arte, oficio y estilo En una blanca siesta cotidiana transmuta la rígida y última cáscara Mago-puente de la noche a la mañana sus diestras manos ajustan máscara sobre máscara Cándido y discreto nigromante Acomodador del siclo viejo Lo seco y áspero deviene amante y el oscuro pozo, luz y espejo Así la puesta en escena de la vida contra el silencio frío teje su manto cuando aquella la gélida, parece bella dormida el artista exulta y conjura el espanto Y puesto que partir partiremos que sea cantando, danzando y (...)

 
 

Rééducation sentimentale

Au goulag de l’amour qu’elle t’a condamné, La femme qui t’aimait moins que sa musique. Relégué aux plaines d’où ne déborde que son silence, Froides, si froides que même les arbres en pleurent, Tes illusions noyées coulent dans les poubelles de l’histoire. Qu’il nous en a fallu, avec les frères, Qu’il nous en faut et qu’il nous en faudra, Des rires et des verres, Des ruades et des poings, Pour qu’à marche forcée Tu retrouves, loin de l’archipel des saules gelés, L’idée d’un amour, D’une île où aborder, D’une femme accordée.

 
 

Mots à Hlynur

Elle a plié ses genoux et s’est laissée glisser Doucement Ses fesses gainées de lin ont baisé ses mollets Droite, posée sur la pointe de ses souliers pointus De si bas que les mots remontaient comme des bulles Doucement Elle parlait à son chat

 
 

templada ligereza que me ofrece el tiempo

Hoy poso una presencia como un barquito de papel en el río de mis fantasías de ojos suaves la dejo partir templada ligereza que me ofrece el tiempo

 
 

Carta a M


 
 

Mare nostrum

Le bateau franchissait les vagues les unes après les autres, laissant sur l’eau un long sillage d’écume. Assis à la poupe, Georges tenait la barre du moteur d’une main ferme. Il se retournait souvent pour observer la traînée blanche, une longue veine ouverte, que la mer semblait peiner à refermer. Cette trace était la seule preuve qu’ils faisaient route vers quelque part. Tout autour n’était que la mer. Au loin, quand le bateau montait sur une vague un peu plus haute que les autres, Georges apercevait l’horizon. Une mince ligne qui séparait la mer d’un immense ciel bleu. Pas une terre en vue, pas un navire, de l’eau, du ciel, une ligne qui les sépare, le soleil, et quelques humains, rien d’autre. (...)

 
 

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