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La baleine dans tous ses états

François Garde Gallimard, 2015, 209 p. Ce livre est composé d’une série d’histoires, récits, souvenirs, d’informations très précises, parfois très personnelles, de poèmes (« Harpons », p. 140) et de situations qui tentent de dresser un temple verbal aux baleines, ces géantes qui, comme les montagnes, « ne sont pas à la mesure de l’homme » (p. 147). Imposant défi. Il y a des histoires hilarantes, comme « Échouage » (p. 45), qui commence par un gamin qui interpelle le narrateur : « M’sieur, M’sieur ! Y’a un troupeau de baleines échouées sur la plage ! », mais dont la suite doit se lire et surtout pas se raconter. Emmené par la magie des cartes, de la mer et bien sûr des cétacés, Garde nous arrime aux baleines (...)

 
 

La rose et le laurier

J’ai vu naître l’avenir. Laurier qui portait une rose, Entre ses branches courbes et ses pétales bleues. Les vents doivent souffler, Les guerrières faire face au soleil, Et les roses naître. Je ne dois rien, mais je le fais : je vous aime ! Le laurier sublime la gloire et couronne les caresses. Or les roses sont des roses, C’est une pierre qui le dit. La douleur, telle une serre ahurie, retint la beauté. Longtemps. Si dure naissance ; parfois je pense : nous sommes nés à trois. Elles furent braves, face au soleil, toutes les deux. La rose a fait une mère et moi, l’ami des pierres, Je veille le laurier qui se relève, Je veille la rose qui s’élève, Je suis l’oripeau de leur renommée. Que de mots (...)

 
 

Arcueil

Les éclairs font le ciel, fracassent les nuages, Rafales de lumière qui tutoient la ville. Nous étions deux amis. L’orage inventait la pluie, claquait en terre, Sur nos visages nous pouvions toucher le temps. Deux partisans sans mort, Que l’ombre n’éblouit pas. Nous étions deux amis, Une nuit de tempête, Entre la foudre et l’union. Nous étions éternels.

 
 

Voyage au pays des Mapuches

Le peuple indomptable Alain Devalpo Éditions Cartouche – 2007 Ce petit livre commence dans une librairie, Crisis, tenue par un Mapuche. Puis viennent des bars : « Va pour la Piedra Feliz, bar porteño à la mode, évocation d’un lieu situé au sud de Valparaiso où, dit-on, les amoureux déçus vont confier leur désarroi aux vagues pour l’éternité ». Ensuite, c’est le « Winnipeg » qui est cité, troquet qui a pris le nom d’un fameux navire chargé de réfugiés espagnols arrivés au Chili en 1939, bien connu de mon grand-père. Bars, librairies, ça commence bien. Le cœur de ce qui ressemble à un guide, ce sont les luttes des Mapuches, grand peuple du Chili et de l’Argentine. Il ne laisse pas de place au folklore, cette (...)

 
 

L’oiseau-hasard

Il est beau, l’aléa, avec son vaste plumage de peut-être dont les reflets nous évitent l’éternelle advenue du prévisible. S’il est agnostique, trimbalant dans sa gibecière à possibles le pire et le meilleur, il est pourtant bien ce qui ouvre. On pourrait tout aussi bien l’appeler : l’éclectique. Sans lui notre avenir serait aussi mort, froid et figé que le passé. Et pourtant, le hasard est pris en grippe par notre ego rationnel. C’est que nous sommes modernes. Voire post. En apprenant à faire science, bûcherons que nous sommes, nous avons cru que le hasard n’était que sciure. Un virus qu’il est toujours possible de contenir, à force de prophylaxie positiviste. Mais il est là, néant au cœur de tout, qui (...)

 
 

Notes d’un référendum à une capitulation

Le 27 juin 2015 le gouvernement grec annonce la tenue d’un référendum portant sur les mesures d’austérité exigées par ses créanciers pour accorder un nouveau crédit. 29 juin 2015 Qui se dit démocrate et critique la tenue d’un référendum n’est qu’un laquais de la tyrannie. Si j’étais grec cette fois je voterais, enthousiaste : non. 30 juin 2015 Il n’est pas nécessaire d’étudier le fonctionnement d’un revolver pendant des semaines pour être convaincu de sa dangerosité. Ni pour en convaincre autrui. Calibre, position de tir, démontage et entretien, cran de sûreté, fonction des rainures dans le canon... Un revolver est dangereux, se noyer dans l’étude de ses détails c’est perdre un temps précieux que l’on (...)

 
 

Pour une haute mer ouverte

Le monde est devenu nôtre par la proue des navires. La mer qu’elles fendent ouvre au voyage, sans routes ni frontières. C’est en naviguant que les hommes et les femmes ont toujours peuplé les terres par-delà l’horizon. Et la mer a toujours la délicatesse de ne rien nous rappeler, de refermer tous les sillages que nous y faisons. Elle nous laisse imaginer que nous sommes de quelque part. Il parait même que nous en sommes sortis, il y a des millions d’années. Au travail, à la pêche, à la guerre, en exploration, en s’amusant, en voyage ou en émigrant l’humanité a toujours payé un lourd tribu pour oser y naviguer. Il n’est pas anodin que nos larmes soient salées comme la mer. Ce tribu se mesure en nombre de (...)

 
 

Tristesse de la terre

Tristesse de la terre - Une histoire de Buffalo Bill Cody Eric Vuillard - Actes Sud - 2014 - 158 p. Au rythme de la vie de Buffalo Bill, une excavation aux sources du spectacle moderne. Buffalo Bill Cody, qui se fit connaître comme tueur d’indiens et de bisons créa ensuite le Wild West Show, spectacle qui fit le tour du monde, "la plus grande mystification de tous les temps". Vuillard, armé de son verbe poétique et spacieux parcourt cet homme avec un respect que ce dernier n’a pas eu pour les plaines d’Amérique. Ni pour les Amérindiens, qui sont devenus, vaincus et humiliés, la clé de voûte du spectacle qui a participé à installer dans l’imaginaire mondial le mythe de l’Ouest sauvage. Mais Buffalo (...)

 
 

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