Marxistes et libertaires

Affinités révolutionnaires

Un livre d’Olivier Besancenot et Michel Löwy

En refermant ce livre, je me suis dit : c’est un livre important. Ce fut un sentiment avant que d’être une pensée.
Marxistes et anarchistes cheminent séparés depuis tant d’années que rechercher des « affinités révolutionnaires » m’avait pourtant semblé incongru. Et puis je n’étais pas habitué à ce que des marxistes disent, en somme : nous pouvons être assez proches, nous avons plus de points communs qu’il n’y parait. Parce que dans mon imaginaire libertaire le marxiste, il marxe. C’est-à-dire qu’il frétille en avant-garde et dès qu’il peut, il prend le pouvoir et n’hésite pas à nous tirer dessus à l’occasion. Kronstadt 1921 ou Barcelone 1937 sont encore dans nos mémoires.
Détourer et discuter ces affinités, c’est pourtant ce qu’ont voulu faire Michael Löwy et Olivier Besancenot.
Pour trouver des pistes de convergence, les auteurs commencent par se placer sous les auspices de la première internationale, de la Commune de Paris, de la révolution espagnole de 1936, c’est-à-dire dans la grande histoire du mouvement ouvrier et au coeur d’évènements où, effectivement, nous avons pu agir épaule contre épaule.
Ainsi commencent-ils par poser quelques briques élémentaires communes, comme la conviction qu’il est nécessaire de collectiviser les moyens de production et l’anti-stalinisme. Ils insistent sur la dimension « classiste » (de lutte des classes) qui doit être en partage pour trouver des affinités et explicitent certains impératifs libertaires qui ne doivent pas rebuter le marxiste prêt à ouvrir ses chakras, comme trois grands anti : l’antimilitarisme, l’antipatriotisme et l’anticléricalisme (que gauche et extrême gauche contemporaine semblent souvent voir comme une grossièreté).
Ainsi, disons-le d’emblée, les « affinités » dont ils parlent ne peuvent pas fonctionner entre n’importe quelle espèce de marxiste et n’importe quelle espèce de libertaire. Disons que les marxistes orthodoxes ou les staliniens d’un côté et les anarchistes autonomes ou individualistes de l’autre ne sont pas dans le cœur de cible.
Parmi ce socle qui peut être commun, il y a l’idée de projet de société. Je suis de cette famille de libertaires pour qui le projet de Communisme libertaire adopté par le congrès de la CNT de Saragosse en mai 1936 est un des textes politiques collectifs les plus beaux qui aient été adoptés – bien que certains aspects soient aujourd’hui largement dépassés. Mais beaucoup d’anarchistes rechignent à l’idée de rédiger et adopter collectivement des projets de société, de crainte de les fétichiser, de crainte que leur mise en œuvre n’entraîne des logiques autoritaires et neutralisent la spontanéité et le champ libre à la créativité révolutionnaire. Alors avec eux non plus, sans doute, les affinités ne marcheront pas.
Je dois dire que je me suis senti flatté des gages et compliments donnés aux libertaires, mais laissons mes petites vanités : j’ai surtout trouvé intéressant d’entendre deux authentiques marxistes raisonner honnêtement et s’ouvrir. Ça change des sociaux-démocrates qui parlent de barbecue ou des autoritaires « populistes de gauche » que le ministre de l’Intérieur classe à l’extrême gauche alors qu’ils sont en deçà du programme commun de 1981.
Les affinités dont parlent Besancenot et Löwy sont révolutionnaires. Ils ne parlent pas de la gauche réformiste.
Ou plutôt, ils en parlent, mais de l’ancienne.
Le livre est aussi très intéressant par ses synthèses des grands évènements de l’histoire du socialisme. Et on sent le regard de militants engagés, rigoureux, mais sans l’aspiration à la neutralité des scientifiques. Ils vont ainsi souligner des aspects sur lesquels des historiens ne se seraient peut-être pas attardés. Mentionnons par exemple le passage sur la Charte d’Amiens – qui, en 1906, instaure la séparation entre les syndicats et les partis – dont les auteurs rappellent qu’elle était aussi une réaction au réformisme qui gagnait le parti socialiste. C’est qu’à l’époque, le syndicalisme était surtout révolutionnaire, loin des organisations mollassonnes qu’ils sont souvent aujourd’hui.
Parmi les questions qui traversent le livre, l’une d’entre elles prend une importance particulière à l’occasion du chapitre sur la guerre et la révolution espagnole de 1936 – 1939 : celle de la prise ou de la destruction du pouvoir. Les marxistes envisagent la disparition de l’État, mais au terme d’une phase transitoire. Comment empêcher qu’une telle période ne dure ? (comme c’est arrivé en Union soviétique).
Comment garantir qu’un nouveau pouvoir ne se glissera pas dans les draps encore chauds du précédent ?
On pourrait voir là un schisme définitif et irrémédiable entre marxistes et libertaires. Pourtant, certains libertaires ont tiré des leçons des grands soubresauts de leur histoire. Je pense en particulier aux premiers jours suivants le soulèvement fasciste de juillet 1936, en Espagne. Et, comme l’anarcho-syndicaliste Garcia Oliver, compagnon de Durruti, le dit dans ses mémoires : la CNT aurait dû prendre le pouvoir. Je suis de cette espèce de libertaires, pas majoritaires sans doute, qui pensent que oui, parfois il faut le prendre et exercer l’autorité. Les anarchistes font souvent preuve d’une certaine naïveté, d’une trop grande confiance en la « spontanéité des masses », laissant assemblées générales ou villes ouvertes aux minorités organisées et structurées qui n’ont pas d’états d’âme et pour qui la fin justifie les moyens.
Avec la question de la prise du pouvoir et de ce qu’il conviendra de faire de l’État, vient (ou plutôt précède) l’autre grande question, celle de l’avant-garde. Sans doute une avant-garde qui « hésite et avoue son hésitation » (comme celle du sous-commandant Marcos de l’EZLN) est-elle préférable à celle qui ne doute jamais de ses dogmes. Mais le concept même reste problématique. Là encore, la FAI (Fédération anarchiste ibérique), groupe affinitaire né au sein ou en marge de la CNT – qui peut être vue comme une sorte d’avant-garde – indique bien que les libertaires n’en rejettent pas tous et toujours l’idée.
Pendant la Commune de Paris ou la révolution espagnole, une communauté de destin entre marxistes et libertaire a existé. Et, pour reprendre les mots des auteurs, marxistes et anarchistes étaient « du même côté de la barricade ».
Pendant la Commune le socialisme naissait encore ; pendant la guerre d’Espagne, les staliniens exécutaient l’anarchiste Camilo Berneri ou le trotskyste Andreu Nin ; ça crée des liens.
Mais il y a Kronstadt. Et il faut attendre la page 105 pour parler sérieusement du grand kyste historique entre marxistes et anarchistes : la révolution russe et Kronstadt. L’affaire est épineuse parce que Léon lui-même y a été impliqué, en tant que chef de l’Armée rouge et ne rechigna pas à réprimer, c’est-à-dire à bombarder et fusiller les marins révoltés qui réclamaient le « pouvoir aux soviets » plutôt qu’au parti. Les auteurs ont l’élégance et l’honnêteté de ne pas faire un refus d’obstacle : les revendications des marins sont explicitées et les conditions de la répression détaillées.
Je dois dire que ce chapitre m’a surpris. Par le passé, lorsque le hasard des discussions avait placé ce sujet entre moi et des marxistes, j’ai souvenir de haussements d’épaules en mode « que veux-tu, on ne fait pas de révolution sans casser des œufs » - comprendre : sans tuer d’anarchistes –, ce qui alimentait bien sûr chez moi animosité et rancune envers ces cousins que nous qualifiions de « socialistes autoritaires ».
Les auteurs rappellent aussi que dès 1918 la police politique, la Tchéka, a pris le pouvoir en Russie et condamne déjà facilement à mort et qu’en 1920 les arrestations se multiplient, souvent suivies d’exécutions. Les auteurs mettent en cause la bureaucratie, mais l’affaire est plus fondamentale.
Mais disons aussi que lorsque les anarcho-syndicalistes, anarchistes ou libertaires ont été leaders ou hégémoniques – parfois pendant la révolution mexicaine, en Ukraine avec Makhno ou dans l’Espagne de 1936, ils ont aussi fusillé. En particulier des curés. Néanmoins, le régime policier et totalitaire que deviendra l’Union soviétique semble indiquer que les premières exécutions de la Tcheka étaient d’un tout autre ordre ; celui d’un totalitarisme naissant.
Marxistes et libertaires
La question que posent ces évènements, finalement, est cette fois : quel doit ou peut être le rôle des organisations dans la révolution ? Et quelle attitude doivent-elles adopter pour favoriser l’auto-organisation du mouvement ?
Je fais partie des libertaires convaincus de la nécessité des organisations, structurées, si possible « de masse » et capables d’une certaine discipline. Encore un point commun, direz-vous. Mes amis anarchistes autonomes ont parfois du mal à croire que de telles sortes d’anarchistes le soient vraiment.
J’ai quelques fois eu le sentiment que les auteurs attribuaient à l’exercice de l’autorité une sorte de fatalité. Quand ils décrivent la destitution de Kerenski et comment le pouvoir et le parti se trouvèrent soudain confondus, on dirait que cela arrive presque malgré les bolchéviques. Comme une sorte de nécessité historique, regrettable, mais inévitable.
Mais ce sentiment est un peu injuste. Parce que les auteurs citent juste après Alexandre Berkman qui dit, dès 1922 : « Kronstadt, ce premier pas vers la troisième révolution, à “démontré que le régime bolchevique n’est que tyrannie et réaction absolue et que l’État communiste lui-même incarne la contre-révolution la plus puissante et la plus dangereuse” ».
Et finalement ils disent bien clairement que la responsabilité de cette tragédie incombe simplement à ceux qui détenaient le pouvoir. Et quelques pages plus loin, pour en « tirer les conséquences » et « envisager l’avenir » : « L’écrasement des marins de Kronstadt n’était pas une tragique nécessité, mais une erreur et une faute ». De la part d’intellectuels et militants d’héritage trotskyste, je dois dire que j’ai trouvé ça classe.
Daniel Guérin, cité par les auteurs, dit que deux pôles cohabiteraient dans la pensée marxiste, une version autoritaire et une version libertaire, qui veut l’abolition de l’État. Bien que n’étant pas très fin connaisseur du marxisme, je dois dire que je n’en suis pas convaincu. Bien qu’ils en nient un peu mollement l’idée, je pense, contrairement aux auteurs, qu’il y a intrinsèquement dans le marxisme, ou peut-être plus particulièrement dans le marxisme-léninisme, le principe et la nécessité du pouvoir autoritaire. Peut-être, simplement, parce que les dangers du pouvoir ne sont en général pas désamorcés par les marxistes, ni théoriquement, ni en pratique. Un tel manque de précautions contre ce risque me paraît significatif, une sorte d’aveu en creux que la version autoritaire est bien destinée à l’emporter.
Ça et là on sent poindre quelques vieux clichés, comme à propos de Makhno et de sa difficulté à faire la jonction entre les paysans insurgés et classe ouvrière : « L’élan révolutionnaire bute ici sur les vieux préceptes anarchistes, peu adéquats à un tel niveau d’organisation politique globale ». Ou encore quand, citant Walter Benjamin pour qui deux pensées complémentaires et nécessaires à l’action révolutionnaire seraient « “l’ivresse” libertaire et la “sobriété” marxiste ».
Guérin, encore : « le socialisme, quelque peu discrédité, pourrait encore être régénéré si l’on réussissait à injecter une bonne dose de sérum anarchiste dans les marxismes d’aujourd’hui ». Il y a bien sûr là quelque chose de désagréable à voir ses idées comparées à un élixir qui pourrait revitaliser les marxistes, mais soit, je perçois l’idée. Et puis j’ai ri en me disant que je pourrais l’inverser, réclamant une dose de sérum marxiste pour discipliner certains anarchistes.
Plus sérieusement, cela vaudrait peut-être mieux que le sérum intersectionnel par exemple, que j’interprète justement comme issu d’intellectuels de matrice marxiste qui ont découvert qu’il y a d’autres formes d’oppression que la classe, ce que précisément disent les anarchistes depuis cent cinquante ans.
Et la plupart des universitaires qui le font n’adoptent pas d’autres principes de l’anarchisme, comme le refus du réformisme ou du pouvoir institutionnalisé, ce qui fait souvent échouer les « intersectionnels » dans un paisible réformisme, sans projet révolutionnaire.
Notons ici une différence entre les temps présents et les débuts du socialisme : pendant longtemps, les intellectuels influents du socialisme – les Marx, Bakounine, Luxemburg, Lénine, Trotsky, Goldman, Gramsci, Malatesta, Berneri, Berkman, Rocker, Flores Magón, Monatte, etc. – étaient des théoriciens, mais aussi des militants, souvent dirigeants ou acteurs clés de grandes organisations, de grands mouvements.
Aujourd’hui, les théoriciens de la « gauche » sont souvent simplement universitaires, ce qui entraîne forcément des divisions néfastes entre théorie, théories critiques et pratiques, terrain. Les universitaires d’un côté, les politiques professionnels de l’autre. Peut-être y a-t-il là une clé pour comprendre pourquoi certains discours de la gauche ou de l’extrême gauche contemporaine parlent à des minorités, mais ratent l’attention de la majorité. Mais c’est un autre et long débat.
Je m’aperçois cependant, parvenu aux dernières pages du livre, que les auteurs n’évoquent pas, ou de façon très allusive, un des aspects que je trouve les plus essentiels de l’anarchisme : il s’agit d’un ensemble de pensées et de pratiques qui recherchent constamment le meilleur équilibre entre égalité et liberté. C’est peut-être ce principe, qui est loin d’être une « ivresse », mais au contraire – comme disait Élisée Reclus une forme de « haute expression de l’ordre » – qui peut favorablement infléchir le karma autoritaire des marxistes, qui ont souvent considéré l’égalité comme un principe prioritaire.
Autre chose m’a manqué. Je n’ai pas trouvé de référence à la critique du travail en soi, du travaillisme, du productivisme, de la production et de sa mesure, la croissance, alors qu’il me semble que c’est une critique qui a été développée autant chez des marxistes que chez des libertaires et pourrait, ainsi, constituer une « affinité » de plus.
Je trouve qu’ils ont raison lorsqu’ils disent que les révolutions du XIXe ont manqué de partis révolutionnaires, tandis que celles du XXe ont au contraire souffert de leur omniprésence. Mais j’ai du mal à imaginer un grand parti – organisation dont le cœur agissant est la politique – où pourraient cohabiter en paix libertaires et marxistes.
Les chapitres sur le syndicalisme révolutionnaire et l’anarcho-syndicalisme, de la CNT à la CGT des origines en passant par les IWW étasuniennes m’ont mené à penser que, peut-être, l’organisation idéale où marxistes et libertaires peuvent cohabiter est le syndicat révolutionnaire.
Finalement, Löwy et Besancenot demandent « où se trouvent les désaccords ? »
Ils citent la planification. Or, pour beaucoup d’anarchistes ou de libertaires, la planification n’est absolument pas un tabou ou un impensé, puisqu’il faut bien constater que l’autogestion locale trouve nécessairement ses limites pour gérer les aspects non locaux ; parce que tout ne peut pas être confié aux décisions des producteurs et que certaines formes de représentation, de délégation au-delà du local, semblent incontournables.
Par contre, un point de désaccord qui subsiste vraiment, presque toujours, entre marxistes et libertaires est la question de la participation aux élections organisées par la République. Rejetée par les libertaires, elle peut être pratiquée par les marxistes révolutionnaires, pour donner le maximum d’écho à leurs voix (le cas du vote antifasciste étant une exception, beaucoup d’anarchistes considérant bien volontiers que le danger fasciste impose toute action pour l’éteindre, y compris, parfois, le vote).
Finalement, les auteurs plaident pour la construction d’un marxisme libertaire.
Oui, certainement, les affinités sont réelles et nombreuses.
Mais – je formule mon interrogation sans filtre – : peut-on faire confiance aux marxistes ? Besancenot et Löwy sont sincères et convaincus. Mais comment agiraient les organisations marxistes demain, en cas de révolution ? J’ai souvent eu un désagréable sentiment en participant à des manifestations, meetings ou évènements organisés par des camarades marxistes : la plupart sont ouverts et bienveillants, mais probablement que leurs organisations pourraient se résoudre à me fusiller, si les circonstances l’exigaient.
Comment désamorcer ce sentiment ?
Admettons que nous nous ouvrions mutuellement les bras. La bonne option est-elle de construire une synthèse, une fusion ? (comme le suggère la juxtaposition des deux mots « marxistes libertaires »). Ou bien la bonne option est-elle de construire un dépassement, quelque chose de nouveau ?
La question peut paraître curieuse en 2026, époque où les forces libertaires sont si faibles, où les forces marxistes révolutionnaires ne sont pas non plus au meilleur de leur forme. Mais je suis convaincu que les idées socialistes et anarchistes reviendront sur le devant de la scène, et alors se poseront ces questions.
Et se pose aussi et surtout la question : pour faire quoi ?
J’ai trouvé à quelques reprises dans le livre un mot, qui, j’ai l’impression, distingue encore significativement marxistes et libertaires : « la gauche ». Les premiers en parlent comme d’une grande famille, les anarchistes eux – en général – ne s’y reconnaissent pas. Pour les libertaires, la gauche, parce qu’elle est partie prenante de l’ordre institutionnel, ne signifie pas grand-chose. Du réformisme progressiste, au mieux. Qui améliore parfois un peu les choses, l’aggrave souvent, mais pérennise toujours le système capitaliste et l’État qui le garantit.
Dès lors se pose la question de ce que signifie « gauche » pour ces marxistes, Löwy et Besancenot en particulier. Et la question suivante est : que pensent-ils qu’ils ont à y faire ? Y gagner l‘hégémonie ? En prendre la direction ? Lui servir d’aiguillon, l’influencer ? Y participer, simplement ?
Ne serait-il pas temps, camarades marxistes, après les innombrables compromissions et trahisons de ceux qui s’appellent encore « la gauche » mais troquent le drapeu rouge pour le drapeau national, ne serait-il pas temps d’abandonner cette catégorie ?
Autant de questions que les libertaires n’ont pas à se poser, ne nourrissant pas d’espoirs ou de désirs concernant « la gauche ».
Parvenu au terme de cette note sur « Marxistes et libertaires », le sentiment – c’est un livre important – s’est bien structuré en réflexions, questions et envie de discussions entre révolutionnaires.
Si je devais absolument me prononcer, je crois que j’aimerais que surgissent de nouvelles pensées et organisations, héritières des marxismes antiautoritaires et des libertaires, rouges et noires, mais nouvelles, autres.


Marxistes et libertaires
Affinités révolutionnaires
Olivier Besancenot & Michel Löwy
Éditions Libertalia, 216 p.
2025 (première édition, 2014)



Leo S. Ross
11 04 2026